Persuasion

Tell me stories from the past

http://persuasion.cowblog.fr/images/yCirceWaterhouse.jpgJ'ai l'impression quand je me ballade sur des blogs littéraires de toujours voir les mêmes livres, les mêmes critiques, à quelques exceptions près. C'est toujours les livres les plus célèbres des auteurs qui sont lus et présentés. Si on parle de Steinbeck à coup sûr tu auras soit Des souris et des hommes soit, et c'est encore rare, Les raisins de la colère. T'aurais pas Tendre jeudi par exemple ou En un combat douteux ou même Tortilla Flat. Non c'est un seul livre de lui qui sera là et le super lecteur qui ne vit que pour lire ne cherchera pas plus loin, parce que quand même un classique en un an c'est suffisant ! Faudrait pas s'abimer les yeux quand même ! C'est également les seuls volumes que proposent les librairies, proposant le strict minimum et des éditions abrégées, histoire de pas trop ennuyer le pauvre lecteur moderne.
Si on parle de Zola ce sera Au bonheur des Dames avec un peu de chance, sans savoir que Pot-Bouille se passe avant et met en scène Octave Mouret. Ou alors ce sera La bête humaine. Mais personne pour aller chercher La curée, La fortune des Rougon ou autre.
Pour Flaubert on aura Madame Bovary et c'est tout. Pas mention de Salammbô ou de Bouvard et Pecuchet.
On aura même des prétendus lecteurs qui seront fiers de dire qu'ils n'ont vraiment pas pu lire les quelques pages des Trois Mousquetaires ou même d'autres minuscules livres. Qui seront fiers d'écrire qu'ils n'ont pas été au bout d'un livre, parce que franchement les classiques ça craint comparé à Museau ou Mevy.
Et oui parce que tout ce qui a été écrit avant l'an 2000 ce sont des classiques.
Et on aime mettre le mot classique en gras, pour bien montrer qu'on n'est pas si con que ça et qu'on se cultive un peu.

Alôrs j'en ai marre de toujours visiter les mêmes blogs, avec les mêmes livres et les mêmes critiques. J'ai eu tellement peur en voyant ça que j'ai été relire tout mon Blog, me demandant si j'écrivais des phrases du genre "Je n'ai pas été jusqu'au bout mais je pense que ce livre plaira à tous" ou : "c'est un livre que tous les lecteurs devraient lire, c'est un classique !" ou :"Je sais bien que Museau n'est pas un grand écrivain mais il écrit bien."

Toussa pour dire que je suis peut-être une foutue cynique et qui aime à se moquer des autres, mais que j'espère échapper à cette portion de lecteurs si fiers de lire de la merde ou de survoler un classique.

* Illustration : Circé, Waterhouse.
http://persuasion.cowblog.fr/images/1277978673bjohnwilliamwaterhousemagiccircle.jpgChaque mot est un préjugé.


L'article précédent ayant attiré des réflexions intéressantes, je me permets de développer un peu plus mon point de vue sur le sujet des "classiques" ici.

* Bryaxis me dit : "Moi même je ne suis pas un grand consommateur de "classiques" de la littérature française"

(J'avais compris pourquoi tu le mettais entre guillemets Bryaxis, il me fallait juste un exemple où il était mentionné ^.^)

Ce mot de classique, ne rime à rien à mon sens. Ce terme, sacralise un livre, lui appose une aura de respectabilité, lui confère un rayonnement littéraire et blah blah blah ...

Mais de ce fait, fait peur. Puisque c'est un classique, c'est que c'est hautement intelligent, que ça révolutionne la pensée, que ça chamboule le lecteur. Alors tout de suite on se dit qu'il faut savoir des tas des choses pour les comprendre, être un vieillard cacochyme ou une jeune fille sans vie sociale pour lire des "classiques". Mais c'est vrai, pourquoi un livre abordable de tous serait porteur du saint sacrement du sceau classique ? S'il a ce nom c'est qu'il cache quelque chose. Un savoir incompréhensible, seul entendu des rares initiés.

On a la manie de tout classer, de vouloir trouver une case pour chaque chose.

Une place pour chaque chose, et chaque chose à sa place. C'est ça ?

Et pourquoi ? Par ce qu'on a peur ! On a peur de l'inconnu. Et quoi de plus inconnu et de plus intimidant que l'oeuvre littéraire d'un auteur du siècle ou de la décennie passée ? Alors on appose le terme classique, l'enfonçant bien dans le crâne des élèves, l'imprimant sur des jaquettes, le scandant à la radio, à la télé, dans les blogs, en cours ! Et paf paf on a moins peur, c'est dans une case, bien rangé, puisque l'on sait ce que c'est ça ne peut pas être si terrible que ça.

On a peur d'avoir peur, alors on cherche un mot pour apprivoiser le livre. De ce fait on ne le rend que plus effrayant et inaccessible ? Vous saisissez l'ironie de la chose ?

On aura rien trouvé de mieux que ce classement et ce mot pontifiant pour faire fuir le lecteur.

Comme dans la philosophie moderne, on invente des termes pompeux et obscurs afin que seuls ceux qui sont initiés comprennent.

On a peur alors on trace un cercle, un enclos autour du livre pour qu'il ne nous échappe plus. On le condamne ainsi à n'être qu'une bête de foire incomprise et jamais interrogée.

Même moi quand je vois un livre dit "classique" j'ai une stupide appréhension qui monte. Je me demande si je saurais comprendre ce que l'auteur écrira, si ce que l'on racontait en 1900 était vraiment intéressant, s'ils comprenaient des choses ces anciens ? Et quand je me jette quand même dans le livre et que la prose de l'auteur m'enveloppe, me susurrant tranquillement : "Tu vois bien que je ne mords pas. Là là n'aie pas peur, je suis juste un livre. Juste des mots, des phrases, comment pourrais-je te faire peur ?" je me dis que j'ai été une foutue idiote d'avoir eu peur d'un mot.

Je suis assez lyrique je le vois bien. Mais ce mot de "classique" m'a toujours m'y hors de moi.

J'aime lire tout simplement. Pourquoi classer ? Pourquoi dire que tels ou tels types de livres sont plus "utiles" que d'autres ?

Et non cela ne va pas à l'encontre du fait que Mevy ou Museau ait leur place chez moi dans ma poubelle. Il faut comparer des livres entre eux pour se faire et pas de vagues bluettes commerciales.

J'espère qu'à présent vous aurez comprit à quel point ce terme est aberrant. Ou tout du moins pourquoi moi je le trouve tel.

Je viens d'avoir une illumination ! Classique ça joue aussi bien son rôle d'excuse. Quand tu propose un livre de plus de 10 pages à un ado, il a le réflexe de dire :"c'est un classique j'aime pas". Oui un mot pour se planquer derrière comme pour les livres de Jules Verne : "Y'a trop de descritions". Ahah inépuisable comme sujet.

* Le mot de la fin par Versager : " De toute manière, à partir du moment où on parle de littérature, "classique" désigne une œuvre correspondant à une certaine esthétique (classicisme) et une période s'étalant en gros de 1660 à 1685. Et puis c'est tout, tout autre usage est abusif, donc tu as parfaitement raison. "

* Illustration : Magic circle, Waterhouse.
* Citation : Nietzsche.
http://persuasion.cowblog.fr/images/viergeoffices.jpgJ'estime qu'ils se trompent lourdement ceux qui affirment que les bases de la connaissance, de la culture, les bases de tout sont nécessairement ces classiques que l'on trouve énumérés dans toutes les listes des "meilleurs" livres. Je sais qu'il existe plusieurs grandes universités dont tout le programme se fonde sur ce genre de liste. [...] Les grandes oeuvres sélectionnées par des esprits universitaires ne représentent que leur choix à eux. De tels esprits ont la manie de s'imaginer être nos guides élus, nos mentors. Peut-être si l'on nous laissait libre, finirions-nous par partager leur point de vue. Mais le moyen le plus sûr de ne pas parvenir à ce résultat, c'est de conseiller la lecture de telle liste de livres, représentant les soi-disant fondations de toute culture.

Le bon lecteur ne tardera pas à graviter autour des bons livres. Il découvrira, grâce à ses contemporains, ce qu'il y a dans la littérature du passé qui apporte un exemple, une inspiration ou simplement un délassement. Il devrait avoir le plaisir de faire ces découvertes tout seul, à sa guise.


Je recopiais cela tout à l'heure du petit livre Ils étaient vivants et ils m'ont parlé. Ce texte a déclenché des réactions que je trouve intéressantes, je vais donc faire mon intelligente qui aime ramener sa science et exposer mon point de vue.

Quand on étudie les lettres il est des textes que l'on est obligé de lire.
Pour tout un tas de raisons savantes.
C'est bien pour cela que j'ai toujours détesté les cours de lettres et que j'ai fait S. Je déteste qu'on me force à lire un livre, pour la bonne raison que je pense que ce n'est pas nous qui choisit de lire tel livre, c'est le livre qui insidieusement s'impose à nous et nous permet de l'apprécier à sa juste valeur.
Je m'explique, j'ai essayé un jour de lire Le portrait de Dorian Gray, dés les premières lignes je me suis enfui en courant. Sur le moment j'ai trouvé tout cela pompeux et inintéressant, alors qu'en le reprenant je ne sais pour quelle raison un an plus tard j'ai trouvé ça sublime.

On devrait pouvoir même en étudiant les lettres, lire à son envie les "pontifes". Je sais bien que c'est impossible, qu'il y un progrâmme et patati et patata. Mais je pense que si jamais on m'avait forcé à lire Macbeth, je l'aurais moins aimé, que lorsque je me suis décidée à le faire à force de voir des références à cette pièce dans les livres que je lisais.
Il est vrai que parfois si on connaissait les livres dont un auteur parle on pourrait apprécier différemment le texte, mais qu'on le lise avant ou après quel problème ? On aura qu'à relire le livre où en parle pour saisir toutes les implications de la présence de tels livres dans ce roman.

Il faut bien comprendre que tout le monde n'a pas la démarche de vouloir connaître et comprendre les références d'un auteur, l'évolution d'un style. Certains veulent simplement se faire plaisir et non pas chercher à analyser toujours. Ce qui est assez paradoxale dans mon cas (et oui je parle de moa tout le temps =p) c'est que je prends plaisir à lire ces livres, à en comprendre l'évolution, la différence, l'essence. C'est n'est pas le cas de tout le monde, et c'est parfait ainsi. Il y a autant de types de lecteurs qu'il y a de livres sur Terre.

Mais Bryaxis a dit cela bien mieux que moi dans l'un de ses commentaires : "Mais cette démarche est une démarche de passionné, de collectionneur aussi : tous ne peuvent avoir la même passion pour la lecture, tous ne peuvent avoir la même curiosité littéraire."

Les grandes oeuvres sélectionnées par des esprits universitaires ne représentent que leur choix à eux.

 
Avec cela encore je suis d'accord. Bien qu'une oeuvre soit reconnue comme "indispensable", ou "sublime" par tous, elle peut ne pas toucher tout le monde. Zola est bien reconnu comme un écrivain sublime, peu pourtant peuvent apprécier son style et ses histoires. J'adore ses romans, son soucis du détail, sa peinture psychologique rigoureuse du personnage qui me permet de faire moi-même du rangement dans ma tête et d'aussi passer un très bon moment de lecture. Pourtant si je n'aimais pas Zola, comme je goute assez peu Rousseau, qu'est-ce que cela me ferait que leurs livres soient sur la liste des 400.000 livres à lire dans sa vie ?
Comme tout le monde ne peut pas aimer passionnément Filippo Lippi ou Botticelli, tout le monde ne peut pas prendre son pied en lisant La bête humaine.

*Citations : Les livres de ma vie, Henry Miller.
*Tableau : Vierge à l'Enfant et deux anges (v. 1450), Fra Filippo Lippi.

"Ma bonne et incompréhensible fortune était mise sur le compte de Pedro Vidal, de l'ignorance et de la stupidité de nos abonnés, et de cette constante nationale largement répandue qui voulait à tout coup qu'atteindre un certain niveau de succès dans un quelconque milieu professionnel soit une preuve irréfutable d'incompétence et d'absence de mérite."

Extrait du Jeu de l'ange de Carlos Ruiz Zafon.

S'il y a un truc qui me fait rire c'est les gens qui disent "Lis pas Twilight c'est de la merde" (et d'abord c'est Fascination merci, à moins que vous ne lisiez en VO) alors qu'ils ne l'ont jamais lu.

J'étais très prompte au départ à dire, tel livre c'est de la merde, l'auteur c'est un con, mais je ne sais pas pourquoi, depuis quelques temps je me dis que lire du Mevy ou du Museau c'est pas si horrible que ça. Non pas que je les ai lu, mais j'en suis parvenue à la parfaite conclusion que tout le monde ne peut pas aimer lire, et surtout ne pas aimer lire les mêmes livres (parole d'évangile) ; et que si certains lisent simplement Museau et trouve ça bien c'est qu'ils ne sont pas sensibles aux autres auteurs ou qu'ils n'ont pas encore trouvé celui qui les fera vraiment vibrer.
Et pis après tout lire ce genre d'auteurs peut conduire au fur et à mesure à découvrir d'autres livres et à se rendre compte de la véritable valeur de ceux qu'on encensait au départ (j'ai trouvé cette idée grâce à un commentaire de Lady Dylan)

Enfin bref je parlais de Fascination et des préjugés à la con qu'on a. Parce que oui c'est le titre en français, et ne me parlez de l'horrible truc qu'ils ont trouvé pour nommer la saga en France c'est juste pitoyable.

http://persuasion.cowblog.fr/images/livresb5cabc1f9376a2293catlivresposters1205171668.jpgQuand un livre est lu par des millions de personnes il y a deux sortes de réactions possibles. Soit on dit c'est de la merde commerciale et on ouvre jamais le livre, soit on est plus malin que ça et on ouvre vraiment le livre pour de bon.

Quand un livre a du succès, ou qu'un auteur en publie régulièrement on dit tout de suite que c'est commercial, sans même avoir lu le livre. On préfère se fier aux critiques qui descendent les auteurs en flèche; lire les blogs des ado qui se tatouent le nom de l'auteur sur le bras et être dégoutée plutôt que de vraiment voir de quoi il retourne.

Prenons l'exemple d'Harry Potter. Je suis une grande lectrice de cette série depuis mes 10 ans. A l'époque on en parlait pas ou peu. Et je n'avais pas l'âge pour aller me balader sur internet. J'ai donc pu découvrir tranquillement cette œuvre magistrale et l'apprécier à sa juste valeur. Quand cela à commencer à devenir connu, et que des millions de lecteurs l'ont acheté, et que l'on a su qu'il y aurait sept tomes, réaction des non lecteurs : c'est commercial.

Alors qu'ils ignorent que les 7 tomes étaient prévus dès le départ, prévu même pendant les 10 ans que l'auteur a mi à se faire connaître. Après ils disent que le tome 1 est trop enfantin … Non c'est vrai ? Ben là dis donc je le savais pas. Auraient-ils été assez malin pour se rendre que l'auteur avait eu le génie d'adapter chacun des volumes à l'âge du lecteur afin qu'il puisse grandir avec et l'aimer de plus en plus ? Assurément non. 

Alors il faudrait quoi, que personne n'en parle et ne l'achète pour ôter cette étiquette de commercial ? Et dans ce cas là si l'on trouvait ce merveilleux livre tout seul en rayon sans qu'aucune pub ne soit faite autour ni qu'on note le nombre de lecteur on dirait : c'est pas connu c'est de la merde. On se dirait pourquoi si c'est bien, pourquoi donc n'en parlons nous pas dans la presse, télévision, salon de la grand-mère ? 

Il ne viendrait à personne l'idée de dire Dumas c'est commercial parce qu'il a écrit des dizaines de livres et qu'il est lu dans le monde entier depuis le XIX ème. A-t-on dit que Narnia, que le Seigneur des anneaux c'était commercial simplement parce que l'auteur à écrit des tas de livres sur son merveilleux monde ?

Pour conclure ce propos confus je dirais qu'en substance je voulais dire ça : J'en ai marre des gens qui hurle au livre commercial alors qu'ils ne l'ont même pas lu, simplement parce que ce dernier a du succès. Surtout quand il s'agit de livres magnifique comme Harry Potter, Fascination (et oui ça fait 3 ans que je suis tombée sous le charme et ce bien avant les groupies hystériques qui découragent les futurs lecteurs en donnant une image ridicule du bouquin), Amélie Nothomb (parce qu'elle publie tous les ans c'est forcément pour se faire des sous, on va imaginer que c'est parce qu'elle écrit beaucoup), etc ...

Je ne veux pas non plus dire par là qu'il n'y a pas de livres purement "commerciaux" (j'entends par là qui surfent sur la vague d'une tendance comme les vampires en ce moment (souvenez-vous que c'est justement Fascination qui  a relançé la tendance du livre sur les vampires ou tout du moins l'intêret du public pour et son échos dans les médias [je n'oublie pas que c'est Anne Rice entre autre qui a permis de moderniser ces récits et de nous en donner des sublimes]), ou le fantastique ou même les romans d'amour [et ce depuis a nuit des temps] [[ rappelez-vous aussi qu'à un moment c'était le roman de chevalerie qu'on voyait partout ça nous a donné le magnifique Don Quichotte ]] (d'accord c'était au XIX ème siècle mais c'est pas si loin que ça)]]), je veux simplement dire que la maxime : c'est commercial, ça a du succès est parfois juste pendant un moment, mais que la réciproque est fausse : ce n'est pas parce qu'un livre est vendu dans le monde entier qu'il est forcément commercial.

Après tout souvenez-vous que le temps se chargera de trier le bon grain de l'ivraie. Malgré les critiques qu'à subit l'oeuvre de Zola de son vivant elle est toujours là, ainsi que celle de Dumas, ou autre. Mais même si dans dix ans on ne parle plus de Fascination autant, j'aimerais toujours ce livre, cepandant je suis sûr qu'Harry Potter survivra. On ne peut pas réduite à l'état de simple tendance ce phénomène littéraire.

Et encore un exemple que je trouve drôle : en son temps, Les souffrances du jeune Werther fut un tel phénomène qu'on ouvrit des boutiques de souvenirs pour s'habiller comme lui, on pouvait même acheter du parfum, des boules à neige à son nom =D

http://persuasion.cowblog.fr/images/177446ac54a946b6a33d767d79c615f9.gifTout à déjà été écrit de toutes les façons possibles.

 
Je me balladais sur le blog de Pierre Assouline et je lisais les commentaires sur un article parlant des auteurs/lecteurs, quand je suis tombée sur un internaute qui lançait cette merveilleuse phrase ci-dessus.
Ma première réaction a été : Mais c'est n'importe quoi. Maintenant étayons mon idée ; bien sûr que depuis que l'écriture existe, depuis même qu'on transmet des histoires par voix orale que l'on a pu raconter de tout un tas de manière, tout un tas d'histoire, cela veut-il dire pour autant que l'on a tout dit, que l'on a tout raconté ?
A ce moment il n'y a plus qu'à aller se coucher et ne plus écrire.

Pour être précis il était dit qu'au début de ce siècle on avait fait ce constat, ce qui est étrange quand on sait que notre siècle à 9 ans ... comment établir des règles sur 9 ans d'existence ? A moins qu'il ne soit affaire ici que de statistiques, ce qui entre nous serait idiot. Comment pouvoir penser évaluer la littérature à l'aide d'un outils mathématique ?

Cette constatation me semble bien péremptoire. Cela voudrait-il dire qu'il ne nous resterait plus qu'à lire les Anciens et à ne plus penser à créer ? Mais si cela était vrai, comment expliquer que l'on puisse encore être émerveillé par des écrivains contemporains ? Certains diront simplement que c'est parce que l'on a pas lu ceux dont ils se sont inspirés, mais non ce serait trop facile. On sait bien que rien n'est jamais purement original, que l'on est toujours, consciemment ou inconsciemment, inspiré par telle ou telle chose que l'on a vu/lu/entendu ; mais pourtant le résultat n'est jamais le même que la source.
Autant dire que le 31 décembre 1999 on pouvait encore écrire un livre différent et que le 1er janvier 2000, paf on a plus qu'à ranger son porte-plume et se faire trader. Que dire alors des livres de Pennac (oui il a commencé dans le siècle précédent mais il écrit toujours), Hobb, J.K. Rowling, de Vigan, Zafon, Murakami, Baricco, Bottero, Nothomb, Pevel, Pullman, Roth, Terral, Rice, Kundera, et caetera ... ? Bien sûr que leurs idées, personnages, ne sont pas sortis de nulle part, mais cela veut-il dire pour autant qu'il aurait mieux fallu qu'ils s'abstiennent d'écrire ?

On ne peut pas être sensible à tout ce qui a été écrit. Les Anciens (plus anciens que les Anciens d'avant d'ailleurs) ont érigé la poétesse Sappho au rang de déesse vivante car il trouvait que ses textes étaient sublimes. Bien parfait. Mais à présent qui cela toucherait de lire sa prose ? Pas moi par exemple. Je ne dis pas par là qu'elle est dépassée ou qu'on a qu'à la mettre au placard, je dis juste qu'à chaque époque on a ses écrivains, ses poètes, qui sont plus à mêmes de toucher le lecteurs que les paroles d'un mort. Rien que pour ça on pourra toujours créer, car la réalité évolue toujours.
Je vois bien l'objection que l'on pourra faire à cela aussi. Moi-même je suis extrêmement touchée par Zola, même s'il parle d'une réalité qui n'est pas la mienne ; je suis amoureuse d'Epictète, et caetera ... Mais cela ne veut pas pour autant dire qu'il faut ne pas raconter l'époque dans laquelle nous vivons. Il y a pleins de contradictiond (apparentes) dans mon propos, mais l'être humain n'est-il pas toujours contradictoire, et ne prend-il pas le chemin auquel on s'attendrait le moins (en bien ou en mal cela va sans dire) ?

Le mot de la fin (de cet article) sera celui-ci : on a beau avoir parlé/reparlé, écrit/re-écrit toutes les situations possibles et imaginables, l'imagination, elle n'a pas de limites. Ce n'est pas parce qu'on a moins d'écrivains fantastiques (dit-on) florissant dans notre jeune siècle que l'imagination a atteint ses limites, il suffit d'attendre et de voir ce qui arrivera ensuite ...

http://persuasion.cowblog.fr/images/Peterrabbit.png
(*) Expression spécial moi.
Illustrations : Beatrix Potter, The Tale of Peter Rabbit.

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